Ecosystème de taille modeste s’offrant à la vue dans sa totalité, la mare est le milieu naturel de prédilection pour toute action d’initiation du public à la découverte de la biodiversité et des enjeux liés à l’eau. Ce milieu est idéal pour développer des actions de pédagogie et de sensibilisation, des plus contemplatives (peinture, relaxation, …) aux plus dynamiques (pêche, navigation, …) pour faire comprendre au grand public l’intérêt de ces milieux parfois fragiles.

La pédagogie

Les mares peuvent accueillir des panneaux pédagogiques contenant des photos, des cartes et des explications, des QR code, des bandes audio, ou encore faire l’objet de visite par un guide.

Un mobilier interactif et modulable peut être installé, des objets comme des jumelles ou bien une longue vue peuvent être mis à disposition du public. Les filets ou les épuisettes ne sont pas recommandés car leur usage pourrait être détourné et l’action de pêche sans modérateur pourrait s’avérer illégale (pêche d’amphibiens interdite) et porter atteinte au bon état des populations.

Soigneusement organisés et aménagés, ces éléments contribuent à mettre en scène le site pour un public très large afin d’aborder diverses questions sur l’environnement et le vivant ainsi que de fournir des éléments de connaissance intéressants.

Les fondamentaux


Le but est d’inciter le public à découvrir un environnement, pouvant cependant présenter un certain danger. Le risque 0 n’existe pas et ce sont le bon sens et le principe de précaution qui prévalent. Il faut donc tout mettre en place pour rendre le site accessible et intéressant. Par exemple, des haies d’épineux ou de fruitiers en guise de clôture permettront le passage des animaux et l’augmentation de la biodiversité.

Les équipements doivent être minimalistes pour éviter de dénaturer le site, comprenant des matériaux sains et naturels. Une veille et un entretien régulier sont indispensables. Il faut aussi penser à la nécessité de devoir accéder au plus près de la mare pour son entretien ou lors d’activités encadrées (initiation à la pêche…).

L’environnement doit rester le plus naturel possible, sans introduction d’espèces exotiques et sans entretien excessif pour que le milieu reste accueillant pour les espèces sauvages. La gestion en mode gestion différenciée peut être envisagée.

Références bibliographiques


  • Guide pour la conception et l’entretien d’une mare pédagogique, Conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, 6p.

  • Guide méthodologique pour une construction durable, Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, 4p



Activité : Pêche


La mare est un écosystème vivant qui abrite de nombreuses espèces. L’utilisation d’un filet troubleau ou d’une épuisette permet de capturer de nombreux insectes aquatiques et plus encore. Il est indispensable de disposer des aquariums pour déplacer les animaux dans l’eau dès que vous les avez capturés.

Attention ! Tous les amphibiens sont protégés à tous les stades de leur vie : Adultes, têtards ou œufs ! Il est interdit de les déranger et de les prendre en main sans autorisation !

Comment utiliser l’épuisette ou le filet troubleau ?

Si votre filet est résistant, tentez de prendre un peu de vase au cours de votre prise. Cela vous permettra de capturer des insectes sous forme larvaire comme les chironomes.

Effectuez un mouvement en sens direct sur un mètre. N’hésitez pas à passer le filet sur la végétation aquatique, de nombreux insectes s’y trouveront.

Lorsque vous sortez votre filet de l’eau, retournez-le dans un bac pour laisser tomber l’ensemble du contenu. Laissez reposer quelques secondes, notamment si vous avez pris de la vase, pour permettre à la terre de tomber dans le fond. Les insectes se cacheront sûrement dans les morceaux de végétation arrachés ou sur les morceaux de terre. Prenez-les délicatement et déposez-les dans les aquariums remplis d’eau claire.


Comment déterminer les espèces ?

De nombreuses clés de détermination sont disponibles sur internet, en-voici quelques-unes :

https://fr.scribd.com/document/584954551/cle-d-identification

https://www.evoluscience.fr/wp-content/uploads/2021/05/image-49.png

https://www.perchenature.fr/ressource/cle-de-determination-faune-aquatique/

 

Utilisation des clés :

Le plus important est avant tout de déterminer si votre espèce est un insecte ou non. Tous les insectes ont 6 pattes. Attention, certains peuvent donner l’impression d’en avoir que 4, car certaines paires peuvent être plus petites ou modifiées (comme des rames).

Voici les espèces que vous observerez le plus facilement :

La larve de libellule :

 

Source : https://intra-science.anaisequey.com/observations/94-observations/302-libellule-parasitee

Avant de s’envoler, la libellule passe plusieurs années sous forme larvaire. C’est une redoutable chasseuse qui dévore tout sur son passage ! Et ce qu’elle préfère ? Les larves de moustique !

 

La larve de Demoiselle :

https://www.libellen.tv/fr-libellule/description/larves-libellules.html

Cousine de la libellule, la demoiselle passe également les premières années de sa vie sous forme larvaire. Elle est aussi redoutable que sa cousine !

La notonecte :

Source : wikipedia

C’est une petite carnivore qui se déplace sur le dos ! Elle possède une paire de pattes modifiée sous forme de rame qui lui permet de se déplacer facilement à la surface de l’eau.

La larve de chironome :

Source : https://www.myrmecofourmis.fr/Les-larves-de-chironome

Si vous avez récupéré de la vase, vous trouverez sans doute la larve de chironome ! Aussi appelée ver de vase, elle est reconnaissable par sa couleur rouge/orangée très vif. Ce sont des proies très appréciées par de nombreux prédateurs !

 

La larve de moustique :

Source : https://lemagdesanimaux.ouest-france.fr/dossier-1848-larves-moustiques-detecter-detruire.html

Peu appréciée à l’état adulte, la larve de moustique est inoffensive et ne conduira pas forcément à une espèce de moustique qui pique l’homme ! Ces larves sont particulièrement appréciées des prédateurs comme les poissons, les larves de libellules et demoiselles ou encore les oiseaux comme les canards.

Le gerris :

 

Source : Wikipedia 

Le gerris est un insecte qui semble n’avoir que 2 paires de pattes et pourtant, il en a une troisième plus petite à l’avant ! Il est souvent appelé araignée d’eau. Il est capable de se déplacer à la surface ! Ce sont des prédateurs et des fossoyeurs qui aident à nettoyer la mare (à leur échelle !).

Le gyrin :

Source : wikipedia

Il se trouve lui aussi à la surface ! Il est tout petit et semble se déplacer très rapidement en faisant des ronds ! C’est un coléoptère qui se nourrit de toutes petites proies.

 

Le dytique et sa larve :

 

 

Source : wikipedia

Très grands prédateurs de la mare, le dytique et sa larve sont des insectes coléoptères assez impressionnants par leur taille. Ils sont capables de se nourrir de poissons et d’amphibiens grâce à leurs impressionnantes mandibules !


 

Sécurisation de l'accès

Encourager la fréquentation du public pose d’autres questions, notamment d’ordre réglementaire, sur la  protection des personnes et la responsabilité des propriétaires.

Il n’existe pas de réglementation spécifique aux mares accueillant du public. Cependant, il est préconisé de retenir et de croiser les trois textes suivants : La norme NF PO1-012, la réglementation sur les piscines privatives et l’arrêté du 1er Août 2006. En résumé, si la mare se trouve près d’un bâtiment, il est nécessaire d’implanter un garde-corps de 1, 10m, une main-courante et une lisse intermédiaire à mi-hauteur. Les barrières ainsi que les portillons doivent être construits de façon à éviter le passage d’un enfant de 5 ans. Les barrières, poteaux, et les moyens d’accès doivent résister aux chocs équivalant à 50 kg.

Le mobilier spécifiquement destiné à permettre l’accessibilité au site doit être adapté aux normes pour les personnes à mobilité réduite (bandes antidérapantes, …). Les berges en pente très douces limiteront également tout risque.

Des panneaux informatifs, par exemple présentant les risques liés à la présence d'eau, peuvent être installés.